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Devant la grande rosace en vitrail, à Notre-Dame de Paris

Cupio dissolvi et esse cum Christo.
Oh! l'orgue solennel entonne
L'Alleluia du dernier jour!
La grande Rosace octogone
Plus douloureusement rayonne
D'adoration et d'amour.

Avalanches de roses pâles,
Et de lis tièdes de langueur,
Déluge éternel de pétales,
Encens, musiques triomphales,
Prenez, broyez mon cœur, mon Cœur!

Je suis le Parfum du martyre,
L'Amour sans chair, sans but, l'ardeur!
Je veux baigner mon Cœur de myrrhe,
Je veux pleurer, saigner, sourire,
Et puis me fondre de pudeur.

Vêtus d'ineffable et d'extase,
Diaphanes et fulgurants,
Les Martyrs que l'Amour embrase,
Au sein de gloires de topaze,
Frêle, m'ont pris dans leurs torrents

Gloire! Douleur! Douleur! Encore!
Et devant les Tristes des cieux,
Dont la chair blême s'évapore,
Les Portes d'azur et d'aurore
Volent sur leurs gonds furieux!

Alléluia! Douceur! Faiblesse!
Spasme universel sans retour!
Fouettés d'ouragans d'allégresse,
Se nouent et se dénouent sans cesse
Les Soleils, défaillant d'amour!

Et, seul, le grand Sanglot des choses
Roule, lointain, répercuté
À travers les apothéoses
Des Sphères fraîchement écloses.
Aux Échos de l'Éternité!

Jules Laforgue

1ère publication:
Œuvres Complètes (Mercure de France) 1903
 

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